Aller au contenu
Montagne et NatureCap sur vos objectifs
Santé & Bien-être

150 minutes par semaine pour bouger plus au quotidien, à la maison, au travail et dans les trajets

Éloïse Marquant 9 min de lecture

Bouger plus au quotidien ne demande pas forcément de s’inscrire dans une salle, de courir 10 km ou de bouleverser son agenda. L’idée est plus simple : remettre du mouvement dans les moments déjà présents de la journée, surtout si l’on reste longtemps assis. Quelques minutes répétées, des trajets plus actifs, des pauses mieux utilisées et des gestes domestiques assumés comme de vraies activités physiques peuvent déjà faire une différence.

Comprendre ce qui compte vraiment : activité physique, sport et sédentarité

La première idée à corriger est simple : le sport n’est pas la seule manière d’être actif. L’activité physique désigne tous les mouvements du corps qui augmentent la dépense d’énergie : marcher, jardiner, porter des courses, monter des escaliers, faire le ménage, jouer avec un enfant, bricoler. L’exercice physique est plus planifié, par exemple une séance de renforcement ou de vélo. Le sport ajoute des règles, une technique, parfois une compétition.

Cette distinction est rassurante, car elle signifie que chacun peut agir à son niveau. Une personne qui n’aime pas le sport peut très bien améliorer sa condition physique en cumulant de petites actions dans sa journée. À l’inverse, faire une séance intense deux fois par semaine ne compense pas totalement des journées entières passées assis sans interruption.

Sédentarité et inactivité physique : deux problèmes différents

La sédentarité correspond au temps passé assis ou allongé en dehors du sommeil : bureau, voiture, canapé, transports, écrans. L’inactivité physique signifie que l’on ne bouge pas assez pour atteindre les repères recommandés. On peut donc être sportif et sédentaire si l’on s’entraîne le soir mais que l’on reste immobile toute la journée.

Un repère simple consiste à ne pas rester plus de 2 heures en position assise sans bouger. Se lever, marcher quelques minutes, s’étirer, aller chercher un verre d’eau ou passer un appel debout suffit à rompre l’immobilité. Ce ne sont pas des exploits, mais des interruptions utiles pour le corps.

Les repères de l’OMS à garder en tête

L’OMS recommande aux adultes de pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine, ou 75 minutes d’activité soutenue, ou une combinaison équivalente. Pour les enfants et adolescents, le repère est de 60 minutes d’activité par jour. L’intensité modérée correspond à un effort où l’on respire un peu plus vite tout en pouvant parler : marche rapide, vélo tranquille, jardinage actif, ménage énergique.

LIRE AUSSI  Musculation femme ménopause : le guide complet pour se renforcer en douceur

Pour savoir où vous en êtes, vous pouvez utiliser le site de l’OMS comme point de départ pour retrouver les recommandations officielles, puis noter pendant une semaine vos moments actifs réels. L’objectif n’est pas de se juger, mais d’identifier les endroits où ajouter du mouvement sans contrainte excessive.

Ajouter du mouvement sans ajouter une nouvelle charge mentale

La meilleure stratégie n’est pas toujours de trouver du temps, mais d’utiliser autrement le temps déjà là. C’est le principe du NEAT, ou thermogenèse liée aux activités non sportives, c’est-à-dire toute l’énergie dépensée par les mouvements du quotidien en dehors du sport structuré. À long terme, ces gestes répétés pèsent plus qu’on ne l’imagine.

Recommandations officielles de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité, Découvrez les directives de l’OMS pour intégrer l’activité physique au quotidien et réduire les risques de maladies chroniques liées à la sédentarité.

À la maison : transformer les tâches ordinaires en occasions actives

Faire le ménage, ranger, passer l’aspirateur, laver les vitres, jardiner ou bricoler sont de vraies activités physiques lorsqu’elles sont réalisées avec un peu d’élan. Vous pouvez aussi intégrer 10 minutes d’étirements le matin, quelques squats pendant que l’eau chauffe, ou vous brosser les dents sur un pied pour travailler l’équilibre. L’intérêt est de relier le mouvement à une habitude déjà installée.

Si vous partez de très loin, choisissez un seul geste pendant une semaine. Par exemple : monter quelques marches au lieu de prendre systématiquement l’ascenseur, ou faire une courte marche après le déjeuner. Une action minuscule mais répétée est souvent plus efficace qu’une grande résolution abandonnée au bout de trois jours.

Dans les déplacements : gagner des minutes sans bloquer son agenda

Les trajets sont l’un des meilleurs leviers pour bouger plus au quotidien. Aller chercher le pain à pied, utiliser le vélo pour un petit trajet, descendre du bus ou du métro un arrêt plus tôt pour ajouter 10 minutes de marche, se garer un peu plus loin ou accompagner les enfants à pied quand c’est possible : tout cela compte.

Si l’escalier vous décourage, commencez par 3-4 étages à monter à pied, puis prenez l’ascenseur ensuite si besoin. Cette progression évite l’effet tout ou rien. Elle permet aussi de sentir rapidement les bénéfices sur le souffle, les jambes et la confiance.

Pensez votre journée comme une suite de petits choix plutôt que comme un bloc figé. Chaque moment comporte souvent une option plus active : attendre debout ou marcher sur le quai, téléphoner immobile ou faire quelques pas, prendre l’ascenseur ou monter deux étages, commander une livraison ou aller chercher son repas. Cette lecture change tout, car elle ne demande pas de motivation héroïque ; elle rend visibles des options simples que l’automatisme finit souvent par cacher.

LIRE AUSSI  25 à 30 g de protéines pour 100 g de thon, peu de lipides et une satiété durable

Réduire le temps assis au travail sans perturber sa productivité

Le travail de bureau, les réunions longues et le télétravail favorisent l’immobilité. Pourtant, il est possible de rester actif sans transformer l’open space en salle de fitness. L’idée est d’introduire des pauses courtes, acceptables socialement et compatibles avec la concentration.

Installer des pauses actives réalistes

Programmez une alerte toutes les 60 à 90 minutes pour vous lever. Marchez jusqu’à une imprimante éloignée, montez un étage, faites quelques mobilisations d’épaules, étirez les mollets ou respirez debout près d’une fenêtre. Une pause active n’a pas besoin d’être longue : elle doit surtout exister souvent.

Les appels téléphoniques sont aussi une opportunité simple. Si vous n’avez pas besoin d’écran, prenez l’habitude de marcher. Pour une réunion en petit comité, proposez parfois un échange debout ou en marchant. Ce type de design actif consiste à organiser l’environnement pour rendre le mouvement plus naturel : placer l’eau un peu plus loin, choisir les escaliers visibles, laisser les baskets près de la porte, mettre le sac de sport dans l’entrée.

Adapter les conseils à son niveau et à ses limites

Tout le monde ne part pas du même point. En cas de douleur, de maladie chronique, de grossesse, de handicap ou de reprise après une longue période d’inactivité, l’objectif reste la progressivité. Une personne à mobilité réduite peut travailler la mobilité des bras, les transferts, la respiration, les étirements doux ou les déplacements courts selon ses capacités. Le bon mouvement est celui qui respecte le corps tout en l’invitant à faire un peu plus qu’hier.

Si vous avez un doute médical, demandez conseil à un professionnel de santé, en particulier avant une activité soutenue. Mais dans la majorité des cas, commencer par marcher davantage, se lever plus souvent et réduire le temps assis est une base accessible.

Pourquoi ces petits mouvements améliorent aussi le moral

Bouger agit sur le corps, mais aussi sur l’esprit. L’activité physique régulière participe à la santé cardiovasculaire, aide à réduire les risques de maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète de type 2 ou certains cancers, notamment du sein et du colon. Elle contribue aussi au maintien de l’autonomie, au renforcement musculaire et au bien-vieillir.

Sur le plan mental, le mouvement favorise la libération d’endorphines, associées au bien-être, ainsi que de dopamine et de sérotonine, impliquées dans la motivation et l’équilibre de l’humeur. L’adrénaline peut également accompagner l’effort et donner une sensation d’énergie. Résultat : une marche rapide, une pause dehors ou quelques escaliers peuvent aider à diminuer la tension nerveuse et à mieux dormir.

LIRE AUSSI  Dépression en maison de repos : comprendre, prévenir et mieux accompagner

Le bénéfice est souvent plus immédiat qu’on ne le croit. Après une journée dense, sortir marcher 15 minutes peut créer une coupure nette entre le travail et la soirée. Jouer au ballon avec un enfant, promener le chien plus longtemps ou jardiner le week-end ajoute aussi du lien social, de l’air, de la lumière et une forme de plaisir qui rend l’habitude durable.

Construire une routine qui tient plus d’une semaine

La motivation seule est fragile. Pour tenir, mieux vaut construire une routine simple, mesurable et compatible avec votre vie réelle. Commencez par choisir deux moments fixes : par exemple marcher 10 minutes après le déjeuner et prendre les escaliers le matin. Ajoutez ensuite une troisième habitude lorsque les deux premières deviennent naturelles.

Situation Action simple Objectif réaliste
Journée de bureau Se lever régulièrement et marcher pendant certains appels Rompre la position assise avant 2 heures
Trajet quotidien Descendre un arrêt plus tôt ou se garer plus loin Ajouter 10 minutes de marche
Maison Ranger, jardiner ou faire le ménage avec rythme Transformer les tâches en activité physique
Escaliers Monter 3-4 étages à pied Progresser sans se décourager

Pour mesurer vos progrès, notez simplement vos minutes actives sur une semaine. Vous pouvez aussi utiliser un podomètre, une montre ou une application, à condition que l’outil reste un soutien et non une pression. L’application tempoforme, portée notamment par le CHU Lille, permet par exemple d’auto-évaluer son capital santé et de se situer dans une démarche de prévention.

Enfin, associez le mouvement à quelque chose d’agréable : écouter un podcast en marchant, retrouver un proche pour une balade, choisir un itinéraire plus vert, faire une pause midi dehors. Bouger plus au quotidien devient durable lorsque ce n’est plus une punition, mais une manière concrète de reprendre de l’énergie dans sa journée.

Éloïse Marquant
Retour en haut