Oiseaux de Camargue

La Camargue est sans conteste le paradis des oiseaux, ceux-ci ont assuré la réputation internationale de la Camarque par leur variété, cette région compte plus de 350 espèces d’oiseaux sédentaires ou migrateurs. Celle-ci est un lieu d’hivernage pour de nombreuses espèces (canards colverts, sarcelles, souchets, etc.), c'est une zone d'importance internationale pour la migration.


«Les flamants aux ailes de feu venaient de la clarté mourante, saluer, le long des étangs, les dernières lueurs.»
Frédéric Mistral.

La Camargue paradis des oiseaux entre terre et eaux :

La Camargue fait partie depuis 1970, des 46 parcs naturels régionaux que comptent la France. Ce parc d’une superficie de 84.800 hectares de terre, 34.300 sur mer, s’étend essentiellement sur les communes d’Arles et des Saintes Marie de la Mer, c’est la plus vaste zone humide de France. Ces milieux humides présentent une biodiversité exceptionnelle. La Camargue est un des derniers milieu naturel sur la façade méditerranéenne.

Pour les ornithologues comme pour les photographes la Camargue est un lieu privilégié pour l'observations des oiseaux tout au long de l'année.

Les oiseaux de Camargue peuvent être classés en quatre grande catégories :

  • les estivants nicheurs, d'avril à septembre , comme les sternes, les guêpiers, les rolliers ou les huppes. Ceux ci hivernant en Afrique et viennent se reproduire en Camargue au printemps. On peut les observer en Camargue dès le mois de Mars.
  • les migrateurs, que l'on rencontre essentiellement à l'automne à l'aller et au printemps au retour, (limicoles et passereaux) ceux-ci font halte en camargue au cours de leur migration.
  • les hivernants, de Septembre à Mars, en particulier les canards. Ceux-ci viennent d'Europe centrale et septentrionale, chercher un climat plus clément. On peu les observer dès le mois de Novembre.
  • les sédentaires, comme la mésange à moustache et la bouscarle, que l'on peu observer en Camargue tout au long de l'année.

Tout au long de l’année, la Camargue accueille sur ses immenses étendues de marais, de lagunes et de roselières, des milliers d’oiseaux sédentaires et migrateurs : canards, hérons, limicoles.

Les sites de protection :

  • la réserve nationale de Camargue, d'une superficie d'un peu plus de 18,000 hectares, elle est gérée par la SNPN.
  • la réserve départementale des Impériaux et du Malagroy, elle couvre environ 2770 hectares.
  • la station biologique de la Tour du Valat (très connue comme centre de baguage des oiseaux), c'est un centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.
  • le Parc ornithologique de Pont de Gau.
  • le Parc naturel régional de Camargue crée en 1972, et qui couvre un superficie de 84.800 hectares.

Les oiseaux que j'ai le plus fréquemment observé en Camargue :

Le Flamand rose : celui-ci reste l’oiseau emblématique de la Camargue. C’est la seule région de France où ces oiseaux nichent et l'un des seuls lieux au monde où le flamant revient pondre chaque année depuis 1969. Sur «l’Etang du Fangassier» plus de 10,000 flamands viennent se reproduire. Ces oiseaux grégaires vivent en groupe dans les zones humides. Ce grand oiseau palmipède affectionnent les étendues d’eau peu profondes salées , ou saumâtres, des marais et étangs, ce qui explique sa forte présence en Camargue. Ces Zones leurs permettent de trouver leur nourriture essentiellement constitué de crustacés et d’algues. Leur bec qui comporte un système de peigne, leur permet de filtrer l’eau pour en retenir les éléments nutritifs (crevette artémia). La couleur des flamants provient de leur nourriture riche en bêta-carotène. Les jeunes flamants sont peu colorés.

L'aigrette garzette est la plus répandue des aigrettes. On la reconnait à son plumage blanc, son bec noir très allongé, ses pattes noires aux doigts jaunes. Cette Aigrette plus petite que la Grande Aigrette, a deux très longues plumes ornementales blanches et fines en arrière de la calotte, s’étendant de la nuque à la moitié du cou, et qui jouent un rôle important au moment de la parade nuptiale.
Elle niche en colonies, avec d'autres espèces d'ardéidés. L'Aigrette garzette affectionne les roselières, les zones broussailleuses humides ou les arbres près de l'eau. L'aigrette garzette se nourrit en chassant dans les zones d'eau peu profonde, de petits poissons, de grenouilles, vers, crustacés, mollusques, et autres insectes.
L’aigrette a un vol puissant, elle vole avec de lents battements d’ailes, le cou rétracté dans les épaules. L’aigrette est une migratrice partielle, certaines colonies hivernent en Afrique ou dans le sud de la France, en Camargue en particulié, ou on peu la voir toute l'année. L’aigrette garzette est plutôt silencieuse en dehors de la colonie, mais on peut entendre un « kgarrk » enroué ou un long « aaahk » quand elle s’envole.

L'Avocette élégante : Ce grand limicole est facilement reconnaissable avec son bec noir fin recourbé vers le haut, son plumage blanc parsemé de tâches noires, ces pattes bleu gris. L'Avocette n'a pas usurpée son qualificatif d'élégante. Elle affectionnne les zones humides, aux eaux peu profondes, et aux endroits nus, marais salant, lagunes, marais, vasières, mais également les grandes baies abritées notamment en hiver. La Camargue comporte des zones d'habitat favorable à celle-ci.
Elle niche souvent très près de l'eau, de sorte que les nichés sont parfois menacées en cas d'inondation. La nidification à lieu à partir du mois d'Avril et comporte une nichée par an. L'incubation des oeufs dure de 24 à 26 jours.
L'espèce est migratrice au nord et à l'est, et la plupart passent l'hiver dans les pays méditerranéens, en Afrique ou en Asie du sud. Plus de 2.500 couples nichent en France et environ 15.000 y hivernent, essentiellement entre le Morbihan et la Charente-Maritime. Les Avocettes nées en Camargue hivernent en Espagne et en Afrique du Nord.
Elle se nourrit de petits invertébrés, qu'elle recherche grace à son bec adapté légèrement ouvert, agité d'un mouvement latéral dans l'eau. C'est la seule espèce d'avocette vivant en Europe. L'avocette a un vol direct et rapide et bat rapidement des ailes, au vol les pattes dépassent la queue, le cou est légèrement tendu.

Le Héron cendré : est le plus connu de nos hérons, celui-ci niche souvent en colonie, dans les arbres proche de l’eau. (héronnière), le nid est constitué de branchette dans un arbre. C’est un redoutable chasseur à l’affût, qui reste immobile au bord de l'eau, et attrape tout ce qui passe à porté de son bec (petit rongeurs, grenouille, et surtout poissons…). Il déploie soudainement son cou et en donne un violent coup de bec sur sa proie. En Camargue, on le trouve près des étangs et des marais, il affectionne les étendues d’eau peu profondes. Cet oiseau est reconnaissable, à son bec jaune (jaune orangé en période nuptiale), et son plumage gris cendré (d’ou son nom) et sa tête blanche et noire, cou rayé de blanc grisâtre et de noir. Il vole cou replié à lent battement d'ailes.

Le Héon garde-boeufs : doit son nom au fait qu'il se tiend volontiers près du bétail, dont il profite de la présence en se nourrissant d'insectes effarouchés. Il se reconnaît à sa silhouette assez trapue, à son bec plutôt court et au net renflement de plumes sous ce dernier. En période de nidification, le plumage blanc de l'adulte est rehaussé par une teinte chamois orangé soutenu au niveau de la calotte, de la poitrine et du manteau. Au début de cette saison, le bec, les lores et les iris passent du jaune au rouge, les pattes du verdâtre foncé au rouge terne puis au jaune.
C'est un échassier vivant souvent près des eaux douces mais contrairement aux autres hérons, le garde-bœufs n'est pas lié exclusivement au milieu aquatique. Il fréquente aussi les cultures et les prairies sèches, on le trouve ainsi fréquemment en Camargue parmi les taureaux. Il niche dans des petits arbres en colonies, qui peuvent rassembler des milliers de Hérons garde-bœufs, chaque nid est protégé par l'un des parents, tandis que l'autre cherche de la nourriture.

La Mouette rieuse : est un oiseau de la famille des Laridae, une famille regroupant notamment les mouettes et les goélands. La Mouette rieuse est de couleur blanche avec les ailes gris perle sauf l'extrémité noire. Le capuchon brun-noir qu'elles portent au printemps disparaît en été et la tête devient alors blanche. Les pattes sont orange ou rouge-orangé. Le bec est rouge-jaune.
La Mouette rieuse fréquente les lacs et étangs pourvu qu'il n'y ait pas de végétation, les marais et les étangs côtiers. On la trouve également en ville et dans les zones cultivées à la recherche de nourriture en période hivernale. On la voie souvent suivre les tracteurs en train de labourer.
La Mouette rieuse se reproduit près des eaux calmes peu profondes, qu'elles soient douces, saumâtres ou salées, généralement sur les bords des étangs, des lacs et des rivières lentes, dans les zones d'inondation, près des lagunes, des deltas, des estuaires. La nidification à lieu d'Avril à Juillet, la femelle pond une couvée par an, de 3 œufs.

Le Tadorne de Bellon : est une espèce cavernicole qui niche de préfèrence dans les terriers des lapins. Le mâle a la tête noir verdâtre, un bec rouge avec une caroncule de même couleur, une bande pectorale rousse d'où part une raie ventrale sombre, des ailes blanches avec les scapulaires et les rémiges primaires noires marquées d'un miroir vert et le reste du corps blanc. La femelle est plus terne et n'a pas de caroncule sur le bec, souvent plus marqué de noir. Les adultes des deux sexes présentent des pattes roses. En France, on le rencontre en Picardie, en Normandie, en Bretagne mais aussi en Aquitaine et en Camargue.
Le Tadorne de Belon se nourrit en surface en marchant dans la vase et balançant son bec latéralement. Il s'alimente également sur l'eau en utilisant différentes techniques : sur pied dans les flaques et en eau peu profonde, à la nage ou en basculant la queue en l'air en eau profonde.
La femelle pond en deux semaines de huit à dix d'œufs. Elle assure seule l'incubation pendant environ 30 jours. Juste après l'éclosion, les canetons sont conduits à l'eau par leurs parents, et se mettent immédiatement à plonger à la recherche de nourriture.

Plusieurs galeries du site sont consacrées aux oiseaux de Camargue, Une grande partie de ces photos ont été réalisées dans la «réserve ornithologique du Pont de Gau», près des Saintes Marie de la Mer. S'étendant sur prés de 60 hectares, ce parc privé est un lieu privilégié pour observer différentes espèces d'oiseaux tout au long de l'année.


Les principaux points d'observations des oiseaux en Camargue :

  • Le parc ornithologique de Pont de Gau, vers les Saintes Marie de la Mer.
  • Le Domaine de la Palissage situé près de l'embouchure du grand Rhône, vers Salin de Giraud. Il s'agit d'un espace naturel protégé appartenant au Conservatoire du littoral.
  • Les Marais du Viguerat, Mas Thibert à 30 mn d'Arles, sur un site protégé de 1200 hectares appartenant au Conservatoire de littoral.
  • La Capelière, près de l'Etang du Vaccarès, domaine d'une trentaine d'hectare, gérée par la SNPN.
  • Le Scamandre, situé en petite Camargue Gardoise. Propriété d'environ 140 ha, appartenant respectivement à la commune de Vauvert et au Conseil Général du Gard.