Camargue

Situation géographique:

La Camargue est une région située entre les deux bras principaux du delta du Rhône, à l’Est le grand Rhône, à l’ouest le petit Rhône, c’est une vaste plaine alluviale de plus de 85 000 hectares. Le delta du Rhône est le deuxième plus important de la méditerranée après celui du Nil. Cette région essentiellement lacustre comporte de nombreux marécages et Etangs, le plus important étant l'Etang du Vaccarès.Celle ci se trouve comprise dans un triangle géographique des Villes d’Arles au Nord, des Saintes Maries de la Mer à l’Ouest, et de Port Saint Louis du Rhône à l’Est, ces deux dernières étant situées sur la côte méditerranéenne. Une grande partie de la Camargue fait partie de la commune d’Arles, ce qui en fait la plus grande commune de France (en superficie), l’autre partie faisant partie de la commune des Saintes Marie de la Mer (deuxième plus vaste commune de France métropolitaine). La vie de la Camargue est indissociable du Rhône et de la Mer. Toutefois entre 1942 et 1984, la Camargue a perdu près de 35,000 hectares de zones humides. La Camargue reste toutefois une zone humide d'importance internationale, abritant une réserve mondiale de biosphère. Elle partage avec les deltas du Danube et du Guadalquivir le titre de zone humide la plus riche d'Europe. La Camargue est inscrite à la "convention de Ramsar" depuis le 1 Décembre 1986; la Petite Camargue quant à elle est inscrite depuis le 8 Janvier 1996.


La Camargue est constituée d'habitats assez variés qui modèlent les paysages :

  • Paysage d'Etangs, marais et de lagunes saumâtres,
  • Paysages de sansouires, de dunes et de plages,
  • Paysages de rizières et cultures.

La sansouïre est située sur les terres basses et salées, ce milieu est largement inondé par les eaux de pluie en hiver; en été le sol argileux se dessêche et se craquèle pour laisser affleurer des tâches blanchâtres de sel.

La Camargue est un territoire secret, qu'il est assez difficile de découvrir au premier abord. Les nombreux marais étangs roubines, ainsi que de très nombreuses clôtures ne facilitent pas l'approche de ce territoire. C'est une région très plate, qui n'offre pas un espace en trois dimensions comme la montagne. Les dénivelés ne dépassent pas une dizaine de mètres et ne favorisent pas l'observation. Toutefois de nombreux points d'observations et parcours ont été aménagés pour les randonneurs.

La Camargue peut être découpée en quatre secteurs principaux :

  • Le Plan de Bourg à l'Est, situé entre le grand Rhone et la plaine de la Crau.
  • La Camargue proprement dite entre les deux bras du Rhone.
  • La petite Camargue au Sud Ouest, située entre le petit Rhone et les villes d'Aigues Mortes et du Grau du Roi.
  • La Camargue Gardoise au nord-ouest. "Site du syndicat mixte de la Camargue Gardoise"

La Camargue fait partie depuis 1970, des "46 parcs naturels régionaux" que compte la France. Ce parc d’une superficie de 84.800 hectares de terre, 34.300 sur mer, s’étend essentiellement sur les communes d’Arles et des Saintes Marie de la Mer, c’est la plus vaste zone humide de France. Ces milieux humides présentent une biodiversité exceptionnelle.

La Végétation en Camargue :

La Camargue est une subtile alchimie entre eau douce et eau salée, cette région se trouve en situation de submersion l’hiver et de sécheresse l’Eté, ce qui conduit au développement d’une Flore très particulière. En effet sous l’effet de l’évaporation pendant la période d’été, les terres sont sursalées, le sel remonte en surface, la terre se fend. Sur les terres les plus salées, la salicorne forme un paysage particulier, «la sansouire», verte au printemps et rouge à l’automne. L'arbre que l'on rencontre le plus fréquemment en Camargue est le Tamaris, c'est l'un des rares arbres à supporter la salinité du sol.
Le vent violent qu’est le «Mistral», façonne également les paysages de la Camargue, arbres couchés et dunes.

Le moustique en Camargue :

Il existe 40 espèces de moustiques mais seulement 10 espèces piquent. Les femelles récupèrent dans le sang humain des protéines nécessaires à la maturation de leurs oeufs. Le moustique est gênant pour l’homme mais il s’avère très utile à de nombreuses espèces : libellules, poissons, hirondelles, chauve-souris... qui s’en nourrissent. Il est donc un maillon indispensable de la biodiversité de la Camargue.


L’homme et l’agriculture en Camargue :

L’activité agricole principale de la Camargue est la riziculture, l’endiguement du Rhône et les moyens d’irrigation développés ont permis d'étendre cette culture au fil du temps. Toutefois sur les 18,000 hectares de culture rizicole, seul 1,000 hectares sont produits en culture biologique. Le Parc naturel de Camargue s'est fixé pour objectif d'atteindre 20% des surfaces exploitées en culture biologique d'ici 2020. La réduction de l'emploi de pesticides devrait s'appliquer pour les 80% restant, et permettre d'améliorer l'état écologique des milieux aquatiques.

Les autres activités agricoles sont essentiellement :

  • L’élevage de taureaux (avec une appelation AOC) et de chevaux :
    Le but essentiel de l’élevage des Taureaux de Camargue est de destiner ces derniers, à la course camarguaise. Les viandes ayant droit à cette appellation sont les viandes fraîches de bovins mâles ou femelles, nés, élevés librement en plein air et abattus dans une aire géographique située sur une partie des départements suivants : Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault. Ce n'est qu'à la fin des années 90 que la viande de taureau est devenue l'une des rares viandes bovines bénéficiant de l'Appellation d'Origine Contrôlée.
    Cette race existe depuis fort longtemps dans la région de la Camargue : elle est mentionnée par des écrits qui datent de l'époque gallo-romaine. Elle est élevée en mode semi-sauvage dans les manades, sans introduction de sang exogène. On peut donc penser qu'elle est restée telle qu'elle était il y a deux mille ans. Il porte une robe noire luisante et des cornes en forme de lyre, ou gobelet très relevée. Les muqueuses sont sombres. Le taureau camargue est imposant mais relativement léger, 1,40 m en moyenne pour les mâles et 1,20 m pour les femelles, pour 250 à 400 kg, d'où son aptitude à la course.
  • La saliculture avec les salins du Midi :
    L'exploitation des marais salants est contrôlée par la Compagnie des Salins du Midi et des Salines de l'Est (CSME), propriétaire depuis 1969. Elle couvre environ 11000 hectares, concentrés entre le Vaccarès et le Grand-Rhône pour une production annuelle d'un million de tonnes de sel. Le chlorure de sodium récolté reste une matière première indispensable à l'industrie chimique, principalement utilisé par celle de Port-Saint-Louis et de Fos-sur-Mer.
    Situés en plein coeur de la Camargue, les salins de Giraud produisent environ 800.000 tonnes de sel par an, toutefois la production est en cours de réduction et de reconversion.
  • La culture du roseau appelé la Sagne qui sert à l’édification de toiture en chaume :
    Cette tradition, peu rentable, vieille de sept cents ans, disparaît au profit de la mécanisation. La coupe traditionnelle à la main est donc devenue rare depuis les années 80 et continue de régresser. Il s’agit aujourd’hui d’une activité marginale. La récolte de la sagne est une tradition mais les évolutions techniques ont permis de mettre au point des machines pour ce travail éprouvant. La sagne se fait actuellement au moyen d’une machine à pneu amphibie ou de radeaux. La mécanisation a permis aux exploitants d’augmenter l’efficacité de l’activité et d’utiliser des parcelles auparavant impraticables. La coupe mécanique est toutefois moins respectueuse des exigences écologiques de la faune qui trouve refuge dans les roselières.
  • La vigne produisant le vin des sables :
    La culture de la vigne dans le Sable de Camargue est très ancienne. Nous retrouvons ainsi des lettres de 1406 et de 1431 émanant de Charles VI et Charles VII. Ces premières attestations règlementent la vente des Vins de Sable sur le territoire d’Aigues-mortes, capitale des Vins des Sables. Le Vin des Sables est produit sur les cordons littoraux sablonneux longeant les côtes du Golfe du Lion, entre Les Saintes-Maries de la Mer et le Cap d'Agde.
    Les cépages principaux de l'Indication Géographique Protégée (IGP) "Sable de Camargue" sont : Cabernet franc, Cabernet Sauvignon, Carignan noir, Carignan gris, Cinsault, Grenache Noir, Grenache Gris, Merlot, Syrah (70%); Les cépages secondaires : Aubun, Marselan, Tempranillo, ainsi que les cépages prévus pour la production des vins blancs.

La Course Camarguaise :

La course camarguaise est un sport taurin pratiqué dans le sud de la France, dans lequel le raseteur essaie d'attraper des attributs fixés entre les cornes du taureau. Ce jeu sportif est très populaire dans le Gard, l'Hérault, les Bouches-du-Rhône, et de Vaucluse. Chaque manade (élevage de taureaux camarguais), possède des cocardiers, ces taureaux sont nerveux et rapides et on assiste parfois à des coups de barrières spectaculaires. Certains de ces taureaux cocardiers sont devenus célèbres, et possèdent même leurs statues.
La saison des courses camarguaises, comporte le trophée des As qui se déroule en Octobre, soit à Nîmes, soit à Arles. Ce sport possède sa propre fédération : "Fédération Française de Courses Camarguaise".

Camargue Terre de Pélerinage et de Traditions :

La Camargue est également un terre de pélerinage, chaque année au mois de Mai, les Gitans rendent hommage à leur sainte patronne "Sarah la noire", aux Saintes Maries de la mer. C'est sur ce rivage que Marie-Jacobé et Marie-Salomé et Sara leur servante trouvèrent refuge, après avoir été chassées de Palestine dans une embarcation qui ne possédait ni voile ni rame.
Le pélerinage des Gitans aux Saintes Marie de la Mer se déroule chaque année le 24 au 26 Mai, mais également le 3ème week-end d'Octobre.